Les habitants du Bandundu, où le taux de prévalence de VIH/SIDA est estimé à 3,1% sur 7% dans l’ensemble du pays, ne font pas bon usage des préservatifs dans ce sens qu’ils les utilisent pour d’autres fins et plus précisément pour le cirage des chaussures. C’est ce que rapportent les organisations de lutte contre le VIH/SIDA et les infections sexuellement transmissibles (IST) basées à Bandundu ville. Nombreux parmi ces habitants utilisent le lubrifiant des préservatifs, souvent distribués gratuitement, pour donner de l’éclat à leurs chaussures.
A en croire cette source, un des responsables d’antenne du Fonds des Nations unies pour la population a jugé cette pratique, réduisant l’usage du préservatif à un simple cirage, d’immaturité flagrante et d’un sabotage. Pour d’autres personnalités, l’utilisation de ce produit pour cette fin est ‘‘
un acte criminel et une honte’’. Ce n’est pas le cas pour les usagers qui estiment, pour leur part, que le préservatif est vendu sept fois moins cher qu’une boîte de cirage et qu’avec ce lubrifiant, il ne se pose pas de problème de couleur. ‘‘
Ça va avec les chaussures de toutes les couleurs et l’opération est simple’’ rapporte un fidèle usager. D’où, c’est la pauvreté qui pousse les gens à utiliser ce lubrifiant comme cirage et surtout que la distribution des préservatifs est gratuite.
Genèse de la pratique
Il s’avère que cette étonnante pratique d’utiliser le lubrifiant des condoms comme cirage résulte de l’imagination d’un groupe de policiers et militaires de la ville. La source rapporte que tout a commencé en 2007, lorsque ces derniers étaient internés dans un camp militaire de la place pour une formation. D’après les explications d’un de leur, n’ayant pas de sous pour s’acheter des boîtes de cirage noir, ils ont commencé à utiliser le lubrifiant des préservatifs pour cirer leurs bottes. C’est ainsi que cette découverte s’est rapidement propagée dans toute la ville, où la pratique a suscité beaucoup de curiosité auprès du reste de la population civile.
Il convient de souligner qu’en vue de mettre fin à cette pratique, considérée comme un ‘‘
détournement abusif’’ du préservatif, plusieurs actions timides sont menées dans ce sens. Les cibles sont des groupes jugés très vulnérables en matière de propagation du SIDA. Les organisateurs de ces diverses actions ont estimé commencer la sensibilisation auprès des policiers et les militaires d’où l’idée était venue.
Yollande Lumwene