Explo-production pétrolière : la RDC sort enfin de sa léthargie
2010-03-29 journal parlé No Comments
Avec la tenue du 11 au 13 Août des assises du premier congrès national sur le pétrole, le gaz et l’Exposition (COPE 1), le gouvernement congolais sort de la léthargie après plus de trois décennies de sommeil dans ce secteur. Et pourtant le pays ne manque pas de potentialités pour se mettre en bonne position de production sur le plan mondial. Ses énormes réserves en pétrole sont encore sous exploitées.
En effet, en plus du bassin côtier Atlantique où se limite jusqu’à ce jour l’exploration et production pétrolière en faveur du pays, la RDC dispose d’un deuxième bassin, la cuvette centrale, qui fait 800.000 km2 de superficie, où les études de sédimentation viennent à peine de commencer, avec l’appui d’une équipe brésilienne.
A en croire le représentant de la société de droit français Perenco, œuvrant à Moanda dans la province du Bas Congo, le bassin côtier Atlantique, bien exploité, peut générer au pays plus de 4 milliards de barils et des millions de mètres cube de gaz. Selon le ministre des hydrocarbures, Lambert Mende, le gouvernement a initié un programme ambitieux d’exploration des autres bassins du Centre et de l’Est du pays.
Ce dernier bassin, situé dans le graben et englobant le Tanganyika, le graben Albertin et le Lac Kivu, fait déjà l’objet d’exploitation par le Rwanda de Kagame alors qu’il existe des arrangements selon lesquels cette exploitation devait se faire conjointement avec la RDC. En tout et pour tout, la RDC n’a sorti en 30 ans d’exploration et de production pétrolière que 350 millions de baril, environ onze jours de production de l’Arabie Saoudite.
Il serait malhonnête de ne pas reconnaître le courage affiché par le gouvernement Gizenga pour finalement permettre un état des lieux de ce secteur et rendre public des chiffres aussi alarmant. Car la question pétrolière a toujours été entourée d’un grand flou artistique depuis l’époque de la deuxième République de Mobutu.
Les 300 participants réunis au congrès de Kinshasa sont unanimes que la rentabilité de ce secteur dépend des gros investissements à consentir dans l’exploration et la production. C’est ici que ces assises trouvent tout leur sens puisqu’elles sont dotées de la triple mission de doter le pays d’un code des hydrocarbures dont les options constituent, selon Lambert Mende, autant de réponses aux faiblesses de la législation actuelle.
Une fois validée par les experts, ce code sera examiné par le gouvernement qui proposera à l’examen et adoption par le Parlement, avant sa promulgation par le Chef de l’Etat. Ces assises ont aussi l’ambition d’inciter les investisseurs dans l’exploration et la production pétrolière et gazière à s’intéresser aux nouvelles frontières pétrolières congolaises de la cuvette et des graben de l’Est. L’amélioration du rendement de production du bassin côtier Atlantique en phase d’exploration intéresse aussi les congressistes, ainsi que la question de l’approvisionnement du pays en produit pétrolier.
Les experts nationaux, français, américains, brésiliens et africains présents à Kinshasa s’attèlent aussi à préparer le 4ème congrès des pays Africains producteurs du pétrole (APPA) prévu en 2010 à Kinshasa. Pour les 14 pays membres de l’APPA, les assises de Kinshasa sont une occasion particulière de s’interroger sur leur avenir en tant que producteurs et consommateurs du pétrole.
Surtout qu’elles se tiennent au moment où le marché du pétrole est soumis à une agitation sans précédent concernant le prix du baril brut à cause de l’augmentation vertigineuse de la demande en produits pétroliers, constatée dans certains pays gros consommateurs d’occident et d’Asie du Sud-Est.
Créée le 27 janvier 1987 à Lagos au Nigeria, l’APPA est une organisation non gouvernementale qui vise entre autre la coopération de la promotion entre pays membres, l’assistance technique et la coordination des politiques et stratégies commerciales entre membres.